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Crise annoncée de la démographie médicale
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[Quotidien du médecin] par Karine PIGANEAU
Les médecins galopent vers la retraite
Le corps médical vieillit : au 1er janvier dernier, il a franchi la barre des 48 ans d’âge moyen. Aujourd’hui, les médecins baby-boomers se bousculent d’autant plus aux portes de la retraite qu’ils ont été formés à une époque où le numerus clausus était fort. Pour l’instant, les entrées dans le métier, gonflées par le recrutement des praticiens à diplôme étranger, compensent les sorties — les effectifs atteignent même des records — mais le Cnom continue d’afficher des perspectives alarmantes à l’horizon 2007-2008. Cliquez pour voir l'image dans sa taille originale
INEXORABLEMENT, le corps médical vieillit. Agé en 2004 de 47,9 ans, il affiche, en 2005, 48,3 printemps – 46,2 ans pour les femmes, 49,7 ans pour les hommes –, selon le bilan démographique (« le Quotidien » du 22 septembre) que publie l’Ordre national des médecins dans son dernier « Bulletin » (1).
«Parmi les professionnels de santé, les médecins ont l’âge moyen le plus élevé», notent les statisticiens de l’Ordre qui précisent que c’est dans le secteur libéral que le vieillissement du corps médical est le plus accentué.
L’examen de la pyramide des âges des médecins en activité (voir graphique) ne trompe pas. Base étroite, évasement vers le haut : les effectifs se concentrent dans les classes d’âge comprises entre 45 et 59 ans. Une nouvelle fois – c’est le cas depuis plusieurs années, les médecins de moins de 40 ans sont moins nombreux que les plus de 50 ans. Et les cohortes de praticiens mûrs pour la retraite s’étoffent.
«Dès cette année, les générations nombreuses de médecins issus du baby-boom vont partir», commente l’Ordre. Pour ne rien arranger, ces départs «sont d’autant plus nombreux qu’ils correspondent aux générations d’étudiants ayant bénéficié d’un numerus clausus relativement élevé». Les chiffres sont éloquents : en 25 ans, le « rapport de dépendance démographique » (proportion de retraités par rapport aux actifs), indicateur pour les experts du vieillissement d’une population, est passé de 0,06 à 0,18 – cela signifie qu’en 1979, pour 100 médecins actifs, il y avait 6 médecins retraités ; en 2005, il y en avait dix-huit.
En 2005, 3 342 médecins (sur 212 972 en activité, 207 277 pour la seule métropole) ont quitté le métier (pour cause de décès, de radiation ou, dans la plupart des cas, de départ en retraite) ; ils avaient en moyenne 58,7 ans (56,6 ans pour les femmes, 59,7 ans pour les hommes). Le Conseil national de l’Ordre (Cnom) relève que «près de 65% des femmes et près de 75% des hommes quittent l’exercice professionnel après l’âge de 60ans» et que «les cessations d’activité avant l’âge de 50ans concernent plus les femmes (21 %) que les hommes (12 %)». En tout état de cause – et alors que la féminisation croissante de la profession (2) va logiquement peser sur les départs en retraite dans un avenir proche –, le nombre des « sorties du tableau » de l’Ordre est en augmentation de 15 % par rapport à 2004. Cliquez pour voir l'image dans sa taille originale En 2005, les médecins ont été 15 % plus nombreux à quitter la profession qu´en 2004(Photo Phanie)
Fragile compensation. Pour l’heure, les « entrées » dans la profession compensent et font même plus que compenser puisqu’il n’y a jamais eu autant de médecins en France : le Cnom recense 4 644 nouvelles recrues en 2005. Mais ce chiffre est en… baisse par rapport aux années précédentes (5 098 nouveaux inscrits en 2004, plus de 6 200 en 2000). La chute, explique l’Ordre, «est essentiellement liée à la forte diminution des procédures de régularisation de la situation des médecins diplômés hors de l’Union européenne. Ceux-ci représentent, en 2005, 2,6% des nouveaux inscrits (soit 118 personnes) contre 25% en 2000 (1 559 médecins)». Alors que le gouvernement s’efforce de réglementer les conditions de travail de ces médecins dans le système de soins français (voir encadré), le Cnom insiste dans son « Bulletin » : «Le fort recrutement de médecins à diplôme étranger depuis une dizaine d’années» a permis de «repousser» une crise démographique qu’il continue de pronostiquer pour 2007-2008. Car les années passent, mais la thèse de l’Ordre ne varie pas, qui annonce, faute d’un rapide relèvement à 8 000 du numerus clausus, des perspectives inquié- tantes en matière de renouvellement de la médecine générale (et plus largement du secteur libéral tout entier), de fragilisation de certaines spécialités et d’accentuation des inégalités géographiques d’accès aux soins. Sur ce point, les incitations à s’installer dans les zones sous-médicalisées en cours de redéfinition (voir ci-dessous) méritent, selon l’Ordre, plus de publicité. «Il convient, explique-t-il, d’assurer la diffusion de cette information auprès des professionnels concernés et de compléter les dispositifs par des actions de développement local.»
> KARINE PIGANEAU
(1) Numéro d’octobre, chiffres au 1er janvier 2006 également disponibles sur le site www.conseil-national.medecin.fr. (2) Pour la troisième année consécutive, les femmes sont en 2005 plus nombreuses que les hommes à entrer dans la profession : elles représentent 53,2 % des nouvelles inscriptions à l’Ordre.
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Le Smur de Luxeuil reprend son activité tandis que la régulation des appels d'urgence se voit transférée sur la plateforme du CHU de Besançon (correction)
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Correction Dépèche APM (bien noter au neuvième paragraphe que la seconde plateforme de régulation fonctionnerait en journée)
BESANCON, 20 novembre 2006 (APM) - Le Service mobile d'urgence et de réanimation (Smur) de Luxeuil-les-Bains, fermé en juin 2003 en raison d'un manque de médecins, a repris son activité mercredi, ont annoncé le centre hospitalier intercommunal de la Haute-Saône (Vesoul-Lure-Luxeuil) et l'agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de Franche-Comté, dans un communiqué commun.
Cette réouverture, évoquée par Xavier Bertrand début 2006 (cf dépêche APM HMJB7001), est liée au transfert de l'activité de régulation du Samu-centre 15 de la Haute-Saône sur la plateforme régionale de régulation du CHU de Besançon (Doubs).
"Le temps médical libéré par le transfert de la régulation des appels d'urgence sur Besançon ainsi que le recrutement de nouveaux médecins permettent aujourd'hui de réouvrir le Smur de Luxeuil dans des conditions de fonctionnement sécurisées", expliquent le CHI et l'ARH.
"Le Smur sera opérationnel dans un premier temps du lundi au vendredi, de 9 heures à 19 heures", précisent-ils en indiquant que "l'objectif" reste de le faire fonctionner 24 heures sur 24 dès que les effectifs médicaux le permettront.
La plateforme régionale sur laquelle la régulation des appels est transférée, est opérationnelle depuis le 25 janvier 2005, "date à laquelle un même basculement avait concerné le département du Jura", indiquent-ils également.
"Elle a prouvé depuis son efficacité et ses moyens humains et matériels ont été adaptés pour lui permettre de prendre en charge cette nouvelle activité", laquelle représente 35.000 affaires par an, apprend-on auprès de l'ARH.
Le CHI et l'ARH ajoutent dans leur communiqué que le Samu de la Haute-Saône conserve toutes ses autres missions dont la gestion des Smur de Vesoul, de Lure et maintenant de Luxeuil.
En termes d'accueil des urgences dans la Haute-Saône, les patients peuvent se rendre au service du centre hospitalier de Vesoul ou vers les consultations non programmées qui existent dans les hôpitaux de Lure et Luxeuil et sont ouvertes de 8 heures à minuit. Ces consultations sont issues de la transformation des Unités de proximité d'accueil des urgences (Upatou) qui existaient auparavant mais avaient été également suspendues, précise à l'APM le Dr Christian Favier, conseiller médical à l'ARH.
Il indique par ailleurs que la création d'une seconde plateforme de régulation située à Belfort (Territoire de Belfort) et qui prendrait en compte les appels du 15 de l'aire urbaine de Belfort-Héricourt (Haute-Saône)-Montbéliard (Doubs) est envisagée pour la journée (8 heures-minuit), la nuit la totalité de l'activité de régulation de la région étant gérée par la plateforme de Besançon.
Mais à la demande des préfets de la Haute-Saône et du Doubs qui s'interrogent sur le fait que leurs départements respectifs seront rattachés à deux centres de régulation différents (selon les parties géographiques concernées), une évaluation préalable de ce dispositif va être réalisée avant sa mise en place, précise-t-on à l'ARH.
Parallèlement, les médecins libéraux s'organisent pour prévoir en particulier une régulation libérale de 20 heures à 8 heures, et les ambulanciers font de même pour coordonner les transports sur les trois principaux départements, ajoute-t-on de même source.
En parallèle à cette réorganisation, un Centre d'enseignement des soins urgents (Cesu) sera créé en Haute-Saône, indique l'ARH.
"Financé sur les crédits du plan urgences 2006, ce Cesu devrait être opérationnel début 2007. Il sera doté de 2,5 ETP (équivalents temps plein) et s'intégrera dans un réseau des Cesu que l'ARH met en place", souligne-t-elle.
PROCHAINE SIGNATURE D'UNE CONVENTION TRIPARTITE
L'ARH annonce par ailleurs la signature, "dans les prochaines semaines", d'une convention tripartite Samu-SDIS (service départemental d'incendie et de secours)-transporteurs sanitaires privés.
Elaborée dans un cadre régional, cette convention "définit les modalités de coopération et les modes d'organisation en matière d'aide médicale urgente". Quatre conventions seront signées pour chacun des départements de Franche-Comté sur ce modèle, précise Christian Favier.
san/cd/APM polsan redaction@apmnews.com
SNJKK005 20/11/2006 16:29 ACTU
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