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Les Samu-centres 15 d'hier, c'est fini !
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Quotidien du Médecin - 2 mars 2007 propos recueillis par Henri de Saint Roman
Le Dr Patrick Goldstein, président de la Société française de médecine d'urgence et chef de service du Samu du Nord, donne sa vision des centres 15 du futur.
LE QUOTIDIEN – Que vous inspire le rapport de la Meah ?
DrPATRICK GOLDSTEIN – Aujourd'hui, on sait que les Centre 15 sont sous pression, et l'une des solutions consiste à envisager de nouvelles modalités d'organisation. Elles passent par une approche de type engineering, management, gestion des flux d'appels. Il va falloir inventer des outils et probablement définir de nouveaux métiers.
Cela suppose encore plus de professionnalisation et d'organisation ?
Tout à fait. Aujourd'hui, on ne peut pas en rester à ce qui a fait les débuts des Samu et des centres 15, c'est-à-dire une organisation uniquement axée sur le binôme permanencier-médecin régulateur, sans envisager que leur charge de travail et leurs modalités d'exercice se sont profondément modifiées. D'une part, parce que le flux d'appel est plus important, d'autre part, parce que la demande des usagers est différente. C'est à nous de nous adapter à ce nouveau contexte, et il faut une nouvelle approche méthodologique, technique et technologique.
C'est l'avis du responsable que vous êtes. Mais du côté des régulateurs et des permanenciers, cela ne risque-t-il pas d'être vécu comme une remise en cause de leur travail ?
Je pense au contraire qu'ils doivent vivre cela comme une chance et comme une évolution de leur métier. Je pense en particulier aux permanenciers qui sont la cheville ouvrière indispensable à la qualité d'un Samu et d'un centre 15 : aujourd'hui, leur métier doit s'entourer de sécurisation, aussi bien pour les appelants que pour eux. Je crois donc qu'ils sont très demandeurs, aussi bien d'une évolution de leur métier que d'un nouvel encadrement technologique. Car le Samu d'hier, c'est fini. Et le Samu de demain, c'est un call-center qui doit être totalement dédié à la santé et à la sécurité sanitaire. Le concept que nous sommes en train de développer est celui d'une plate-forme télé-médico-sociale et sanitaire qui va continuer bien sûr à prendre en charge les urgences médicales les plus graves, mais aussi, probablement avec nos collègues médecins généralistes, une partie de la PDS, sans oublier les urgences sanitaires et les urgences sociales. C'est-à-dire que demain, autour de cette plate-forme, il y aura des permanenciers dont le métier va évoluer, mais émergeront aussi très probablement de nouveaux métiers comme responsable de gestion des flux d'appels, ou chef de salle. Cela signifie que de réelles évolutions de carrière à l'intérieur du métier de permanencier seront possibles. Par ailleurs, il y aura aussi des assistantes sociales, des responsables de centres antipoison. Graviteront autour des centres 15 les réseaux de l'hospitalisation à domicile, des cellules de gestion des transferts périnataux. Bref, on voit se dessiner un nouvel outil, doté de nouveaux satellites.
C'est une révolution organisationnelle que vous annoncez ?
En tout cas, c'est une évolution nécessaire. Car soit on reste comme on était – mais ça serait ne pas tenir compte de ce qui se passe autour de nous, soit on regarde ce qui se passe et on évolue. Il faut renforcer le capital ressources humaines avec des permanenciers et des médecins régulateurs qualifiés, et il faut d'ailleurs revaloriser le statut de ces permanenciers qui sont aujourd'hui les mal-aimés de l'urgence. Et tout cela n'aura de sens que si ce mouvement s'accompagne d'un environnement technologique de qualité.
Que change concrètement pour vous l'étude de la Meah ?
Il y a une foule d'idées à y prendre. Ce rapport est fait par des spécialistes de la gestion des flux d'appels et par des spécialistes de plate-formes qui ne sont pas obligatoirement des gens qui connaissent parfaitement l'hôpital. Et le fait d'avoir cette vision extérieure de performance industrielle par des gens extérieurs à l'hôpital est une excellente chose. Je retiens notamment de ce travail la nécessité d'adapter les moyens aux flux des appels, ainsi que la définition de nouveaux métiers.
On vous sent enthousiaste et engagé. Pourquoi votre centre 15 n'a-t-il pas fait partie du panel ?
Nous étions demandeurs mais ils ne pouvaient pas retenir tout le monde. Cela n'empêche pas que nous soyons, quoi qu'il arrive, résolument engagés dans l'évolution, notamment avec des consultants, car il y a un moment où il faut accepter de faire appel à des avis extérieurs. Nous sommes en train de développer à Lille ce nouveau concept de plate-forme, non pas dans une vision départementale, mais dans une vision régionale.
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Le répertoire partagé des professionnels de santé sera finalement lancé en septembre
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PARIS, 23 février 2007 (APM) - Le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) sera finalement lancé en septembre et non au premier trimestre, a-t-on appris vendredi auprès de la directrice du groupement d'intérêt public "cartes de professionnel de santé" (GIP-CPS), Marthe Wehrung. Le RPPS constituera une base de données recensant l'ensemble des professionnels médicaux et paramédicaux dotés d'un Ordre, et leur attribuera un numéro d'identification unique, rappelle-t-on. Il mentionnera notamment les diplômes, la ou les spécialités et le type d'activité exercé. Il vise notamment à simplifier les démarches administratives du professionnel (déclaration à son Ordre, conventionnement auprès de la caisse primaire d'assurance maladie, enregistrement du diplôme auprès du tribunal de grande instance) par la mise en place d'un guichet unique. Seules quatre professions à Ordre sont concernées dans un premier temps: médecins, pharmaciens, sages-femmes et chirurgiens-dentistes, soit environ 400.000 professionnels, mais le dispositif est appelé à s'étendre, à terme, aux autres professions de santé (soit environ 1,5 million de personnes). Le calendrier de déploiement du dispositif, modifié à de nombreuses reprises (cf dépêche APM VGJDE002), prévoit désormais un lancement de la base en septembre et l'attribution des numéros d'identification aux professionnels de santé à partir de juin, sous réserve d'une autorisation de la Commission nationale informatiques et libertés (Cnil). LES MEDECINS ET LES PHARMACIENS PRETS EN SEPTEMBRE Le retard dans la mise en oeuvre du dispositif s'explique notamment parce qu'il suppose la mise en place d'un référentiel partagé par les systèmes d'information de l'ensemble des partenaires concernés: GIP-CPS, Etat, caisses d'assurance maladie et Ordres professionnels. Or, le degré de préparation n'est pas le même selon les acteurs, chacun devant modifier son propre système d'information de manière à pouvoir recevoir et envoyer des flux de données au RPPS, chacun conservant par ailleurs son propre fichier de professionnels, explique Marthe Wehrung. Le RPPS s'articule autour d'une application développée par Steria, dont les spécifications sont arrêtées depuis septembre 2006 et qui sera livrée le 23 mai, précise Marthe Wehrung. Atos Worldline sera chargé de l'hébergement et de l'exploitation de l'application. L'application de gestion de la base pourra être testée dans la foulée, lors d'une phase n'excédant pas trois mois. Joint vendredi, le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) a confirmé qu'il serait prêt en septembre. Le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens a indiqué être "complètement opérationnel" pour l'échéance de septembre en précisant qu'il profitait de l'occasion pour changer son propre système d'information. L'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD) a indiqué pour sa part qu'il ne serait sans doute pas prêt en septembre, avançant la nécessité de procéder à des ajustements techniques. L'Ordre des sages-femmes n'était pas joignable vendredi. CERTIFICATION DES IDENTITES Par ailleurs, des tests sont sur le point d'être lancés par le GIP-CPS sur un échantillon de 50.000 professionnels de santé pour affiner le système de vérification des données qui alimenteront la base. "Nous voulons avoir des données certifiées, par référence à un fichier existant fiable, qui est celui établi par l'Institut national pour la statistique et les études économiques (Insee)" et qui sert déjà à établir le numéro de sécurité sociale, explique Marthe Wehrung. "Dès que nous allons créer un nouveau professionnel de santé pour l'intégrer à la base, le RPPS ira consulter le fichier Insee pour vérifier l'exactitude des données", notamment en matière d'Etat civil (nom, date de naissance, etc.). Cette certification de l'état civil sera également conduite pour les professionnels déjà en exercice, et pour mettre au point la requête la plus efficace, le GIP-CPS doit donc procéder à des tests qui se poursuivront quelques mois. Dès juin, le GIP-CPS espère pouvoir commencer à attribuer le numéro unique d'identification aux professionnels de santé. Actuellement, chaque professionnel de santé dispose d'un numéro d'identification propre à chacun de ses interlocuteurs: un numéro Adeli pour l'Etat, un autre pour ses relations avec l'Ordre et un numéro spécifique pour l'assurance maladie. A terme, le numéro du RPPS devrait remplacer ces trois numéros et simplifier les correspondances de dossiers entre ces différents acteurs. DEPLOIEMENT PROGRESSIF Dans un premier temps, ce numéro sera inscrit dans les cartes CPS délivrées aux nouveaux professionnels de santé à partir de septembre, puis à l'ensemble des professionnels lors du renouvellement de leur carte, qui intervient tous les trois ans, précise Marthe Wehrung. Marthe Wehrung n'était pas en mesure de donner le coût global de la mise en oeuvre du RPPS, soulignant qu'en dehors des coûts directs incombant au RPPS, chaque partenaire du projet supportait des investissements, notamment pour l'adaptation de leurs propres systèmes d'informations. Le GIP-CPS, doté d'un budget d'environ 15 millions d'euros, recevra en 2007 une subvention, notamment pour la mise en oeuvre du RPPS, d'environ 1,8 million d'euros (768.000 euros de la part de l'Etat et un million de la part de l'assurance maladie), précise-t-on. La constitution du RPPS, évoquée pour la première fois en juillet 2003 par le ministre de la santé de l'époque, Jean-François Mattei, a pris beaucoup plus de temps que prévu, puisqu'en août 2004, le GIP-CPS estimait que ce dispositif serait opérationnel au deuxième semestre 2005, rappelle-t-on (cf dépêche APM INHHK003). vg/cd/APM polsan redaction@apmnews.com VGKB9003 23/02/2007 18:16 ACTU
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