L’angioœdème, également connu sous le nom d’œdème de Quincke, se manifeste par un gonflement des couches sous-cutanées de tissus. Ce phénomène, souvent associé à une réaction inflammatoire ou allergique, peut affecter diverses parties du corps telles que le visage, la gorge, le système digestif et les voies respiratoires. L’angioœdème peut être la conséquence d’une réaction à des médicaments ou à d’autres éléments déclencheurs, d’un désordre génétique, de la complication rare d’un cancer ou d’une pathologie immunitaire. Les symptômes légers peuvent être traités avec des antihistaminiques, mais en présence de symptômes plus graves tels que des problèmes respiratoires, des difficultés à avaler, des malaises ou des troubles digestifs, une intervention médicale urgente est nécessaire.
Sommaire
ToggleDéfinition de l’angiœdème
L’origine du terme angioœdème vient des mots grecs angieon, signifiant « vaisseau », et oidêma, signifiant « gonflement ».
Plus communément appelé œdème de Quincke, l’angioœdème se caractérise par un gonflement des tissus profonds de la peau et des muqueuses, parfois accompagné de rougeurs. Ce gonflement, localisé et temporaire, affecte principalement :
- la tête et le cou, incluant les paupières, les lèvres, la langue et le pharynx ;
- il peut également toucher le larynx, les mains, les pieds, les organes génitaux externes et le système digestif.
Peu importe la cause, l’angioœdème peut devenir critique s’il affecte le larynx, en raison du risque de suffocation.
Origines de l’angioœdème
Il existe trois principales catégories d’angioœdème, chacune ayant des causes distinctes.
L’œdème de Quincke allergique
Cette forme d’angioœdème est due à la libération d’histamine par certains leucocytes suite à l’exposition à des allergènes auxquels le corps a été préalablement sensibilisé. Ces allergènes, qui circulent dans le sang, rendent les vaisseaux sanguins plus perméables, ce qui provoque le gonflement des tissus adjacents. Parmi les allergènes courants, on trouve :
- des allergènes alimentaires tels que les fruits de mer, les noix, les œufs, le poisson, etc. ;
- des substances médicamenteuses comme les antibiotiques de la famille des pénicillines, l’aspirine, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA) et certains opioïdes comme la morphine et la codéine ;
- les piqûres ou morsures d’insectes, notamment le venin de fourmi, d’abeille, de guêpe ou de frelon ;
- les produits contenant du latex.
L’angiœdème non allergique
Ce type d’angiœdème peut être déclenché sans allergie préalable à une substance, par :
- la consommation de certains aliments ;
- la prise de certains médicaments comme les AINS, y compris l’aspirine.
L’œdème angioneurotique ou angiœdème bradykinique
Cette forme d’angiœdème est provoquée par une production incontrôlée de bradykinine, une substance impliquée dans les réactions inflammatoires et allergiques du corps :
- soit en raison de l’effet secondaire de certains médicaments contre l’hypertension, comme les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, les sartans et les gliptines, ou suite à la prise de contraceptifs oraux contenant des œstrogènes ;
- soit à cause d’un déficit ou d’une dysfonction d’une enzyme appelée C1 Inh, qui est partie intégrante du système immunitaire, dû :
- à une mutation génétique, ce qu’on appelle alors angiœdème héréditaire ;
- à une maladie auto-immune ou un cancer lymphatique comme le lymphome non hodgkinien, dans ce cas, on parle d’angiœdème acquis.
Malgré le caractère imprévisible de ce type d’angiœdème, il peut être déclenché par :
- un épisode de stress ;
- une intervention chirurgicale ;
- un traumatisme mineur comme un soin dentaire.
Symptômes de l’angiœdème
L’œdème de Quincke allergique
L’œdème de Quincke se manifeste par un gonflement rapide de la peau et des muqueuses, particulièrement au niveau de la tête et du cou, surgissant généralement en moins de 2 heures. Il peut également s’accompagner d’autres réactions allergiques comme l’asthme.
En cas de nouveau contact avec le même allergène, la réaction peut survenir plus rapidement et de manière plus intense, avec un risque de choc anaphylactique.
L’angiœdème non allergique
Une éruption cutanée (urticaire) peut apparaître et s’étendre aux muqueuses, formant ainsi un angiœdème. Ce dernier est essentiellement localisé sur le visage (paupières et lèvres) et se caractérise par un gonflement significatif qui déforme la zone affectée. La rougeur de la peau est généralement peu marquée. Dans la grande majorité des cas, cet angiœdème non allergique est bénin.
L’œdème angioneurotique ou angiœdème bradykinique
L’angiœdème bradykinique peut affecter n’importe quelle partie du corps (mains, pieds, tronc). Les zones touchées deviennent blanches, douloureuses et volumineuses, parfois sur plusieurs jours. D’autres symptômes peuvent inclure :
- une atteinte de la gorge, avec un risque d’obstruction des voies respiratoires ;
- des vomissements et des douleurs abdominales très intenses, lorsque l’abdomen est touché.
Traitement de l’angiœdème
Si la cause de l’angiœdème est identifiée, il est recommandé de l’éviter autant que possible. En l’absence de cause connue, il convient d’arrêter tout médicament non essentiel jusqu’à ce que les symptômes disparaissent.
En cas d’angiœdème léger accompagné d’urticaire, l’administration d’antihistaminiques peut soulager partiellement les démangeaisons et réduire le gonflement. Des corticoïdes oraux peuvent être prescrits en cas de symptômes sévères ou si les autres traitements s’avèrent inefficaces, pour une durée aussi courte que possible.
Si l’angiœdème est déclenché par un inhibiteur de l’ECA, les symptômes disparaîtront généralement dans les 24 à 48 heures suivant l’arrêt du médicament. Si les symptômes persistent, s’aggravent ou sont sévères, les médecins peuvent avoir recours à l’administration de plasma frais congelé ou à certains médicaments comme l’écallantide. L’utilisation d’un inhibiteur de la C1 purifié, dérivé du sang humain, peut également être envisagée.
En présence d’un angioœdème sévère avec difficulté à avaler ou à respirer, ou en cas d’évanouissement, un traitement d’urgence rapide est nécessaire. Le médecin peut alors procéder à l’ouverture des voies respiratoires du patient en utilisant l’une des méthodes suivantes :
- injection d’adrénaline sous la peau ou dans un muscle pour réduire le gonflement ;
- insertion d’une sonde d’intubation par le nez ou la bouche jusqu’à la trachée, ce que l’on nomme une intubation.
En cas de fermeture rapide des voies respiratoires, une petite incision peut être nécessaire pour insérer la sonde d’intubation.
Les personnes sujettes à des réactions sévères doivent toujours avoir à portée de main une seringue d’adrénaline auto-injectable à utiliser immédiatement en cas de réaction. Les comprimés d’antihistaminiques peuvent également être utiles, mais l’adrénaline doit être injectée avant de les prendre.
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Clara Duval, rédactrice spécialisée en formation médicale et prévention, apporte son expertise au service de la sensibilisation du grand public.

