L’addiction est une pathologie cérébrale chronique qui se manifeste par une consommation compulsive de drogues ou la pratique excessive d’activités, en dépit des effets délétères bien connus.
Cette condition peut avoir des effets dévastateurs à long terme, tant sur le plan médical que psychologique. Les individus affectés peuvent souffrir de changements de personnalité, tels que l’impulsivité et des problèmes de mémoire, et développer des troubles de l’humeur tels que l’anxiété.
Selon la substance ou l’activité, des symptômes physiques peuvent également apparaître, souvent observables durant les périodes de sevrage. Le traitement est généralement un processus long et ponctué de rechutes, où la réussite dépend largement de la volonté du patient de se rétablir et de l’amélioration de son estime de soi et de sa situation de vie.
Comment peut-on se libérer de l’alcool ou cesser l’usage de drogues ? Voici quelques pistes.
Sommaire
ToggleDéfinition de l’addiction
L’addiction est un trouble caractérisé par la consommation répétée de substances (drogues, alcool, etc.) ou un engagement excessif dans certaines activités (jeux d’argent, utilisation d’Internet, etc.) qui mène à :
- une incapacité à contrôler la consommation ou les comportements ;
- une diminution de la vigilance ;
- une déstabilisation émotionnelle ;
- des complications médicales ;
- une perception altérée des risques et/ou des comportements à risque ;
- des répercussions négatives sur la vie personnelle, professionnelle et sociale ;
- des dangers pour soi-même et pour les autres.
Des troubles liés à l’utilisation de substances peuvent se développer indépendamment de la légalité ou de l’acceptabilité sociale de ces substances.
Voici les principales addictions :
- alcool ;
- tabac (nicotine) ;
- cannabis (marijuana et cannabinoïdes synthétiques) ;
- opiacés (héroïne, morphine, fentanyl, oxycodone) ;
- cocaïne ;
- sédatifs, hypnotiques et anxiolytiques comme le lorazépam ou le sécobarbital ;
- caféine ;
- hallucinogènes (LSD, phéncyclidine, psilocybine) ;
- substances inhalées (diluants pour peinture, certaines colles) ;
- stéroïdes anabolisants ;
- amphétamines et dérivés synthétiques.
Qui est affecté par les addictions à la drogue, à l’alcool et au tabac ?
En France, plusieurs millions de personnes sont touchées. Environ 8 % des adultes risquent une addiction chronique à l’alcool et 27 % sont dépendants du tabac, la substance la plus addictive.
Le problème de la consommation de cannabis affecterait 7 % des adolescents de 17 ans et 3 % des adultes entre 18 et 64 ans. Plus la consommation commence tôt, plus le risque de dépendance est élevé.
Origines de l’addiction
Les mécanismes neurobiologiques liés à l’addiction sont étroitement associés au « système de récompense », un réseau cérébral qui gère les sensations de plaisir suite à certaines actions. Ce système est essentiel à la répétition de comportements vitaux comme manger, boire, ou se reproduire.
Dans le cas des troubles addictifs, ce mécanisme essentiel est altéré, soit par la consommation de substances qui amplifient le plaisir, soit par un dysfonctionnement initial du cerveau qui ne régule pas correctement ce système de récompense. L’association de ces deux facteurs mène à une addiction. L’absence de la substance ou de l’activité crée alors un manque ressenti par l’individu.
Symptômes de l’addiction
Les addictions, qu’elles soient liées à la drogue, à l’alcool, au tabac, ou à d’autres substances, provoquent de nombreux symptômes. On distingue les troubles induits par une substance, des troubles liés à l’utilisation de celle-ci.
Voici les différents troubles causés par les effets directs d’une substance.
L’intoxication
Cela représente les effets immédiats et temporaires d’une drogue spécifique. L’intoxication affecte le fonctionnement cérébral et le jugement, et peut aussi altérer l’humeur. Selon la drogue, la personne peut ressentir une euphorie excessive ou, à l’inverse, se sentir plus calme et somnolente que d’habitude. À l’extrême, l’intoxication peut mener à une overdose, avec des risques de morbidité élevés et potentiellement mortels.
Le sevrage (ou manque)
Le sevrage désigne les symptômes qui apparaissent lorsque l’individu cesse de prendre une substance ou en consomme en quantité réduite.
Le sevrage entraîne divers symptômes désagréables variant selon la substance, tels que :
- tremblements ;
- hallucinations ;
- transpiration excessive ;
- maux de tête ;
- vertiges ;
- douleurs physiques ;
- troubles du transit ;
- etc.
Sevrage de la drogue et de l’alcool
Le sevrage de substances comme l’alcool ou les barbituriques peut être grave, voire mortel. La plupart des personnes en sevrage savent que prendre davantage de la substance atténuera leurs symptômes.
Les troubles mentaux
Ces troubles correspondent aux changements de l’état mental provoqués par l’utilisation de substances ou par le sevrage, ressemblant à des troubles mentaux indépendants tels que :
- la dépression ;
- la psychose ;
- l’anxiété.
Troubles liés à l’utilisation de substances ou troubles de toxicomanie
Ces troubles impliquent généralement des comportements où les individus continuent de consommer une substance malgré les problèmes engendrés. Le potentiel de la substance à causer un trouble dépend de plusieurs facteurs, tels que :
- la manière dont la substance est utilisée ;
- l’impact de la substance sur le système de récompense du cerveau ;
- la rapidité d’action de la substance ;
- la capacité de la substance à induire la tolérance et/ou des symptômes de sevrage.
Ainsi, les addictions entraînent des répercussions médicales, psychologiques et psychiatriques sur le long terme. Une modification du caractère (impulsivité, troubles de la mémoire, de l’attention, etc.) et des troubles de l’humeur (notamment une anxiété) s’instaurent progressivement.
Des complications sont spécifiquement associées à certaines addictions :
- risque cardiovasculaire ou de cancer avec le tabac ;
- risque cognitif ou tumoral avec l’alcool ;
- troubles neurologiques et psychiatriques chez les consommateurs réguliers de nombreuses drogues illicites ;
- contamination par le VIH, VHB ou VHC chez les usagers de drogues injectables.
Traitement des addictions
La prise en charge des addictions est multidisciplinaire, combinant souvent traitements médicamenteux, soutien psychologique individuel et/ou collectif, et accompagnement social.
Les Centres de Soins d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA), présents dans chaque département, regroupent des professionnels de santé à l’écoute des personnes dépendantes et de leur entourage, quel que soit le type d’addiction.
Le sevrage
La première étape du traitement est le sevrage, c’est-à-dire l’arrêt de la consommation ou de l’activité addictive. Réduire la fréquence de consommation peut aider certains individus à atteindre un sevrage complet, comme dans le cas de l’alcool ou du tabac.
Sur le plan pharmacologique, il existe des traitements de substitution qui facilitent le sevrage de différentes substances psychoactives :
- cigarette électronique ;
- substituts nicotiniques ;
- médicaments addictolytiques tels que le baclofène, utilisé pour réduire la consommation d’alcool.
L’accompagnement social
En complément, un soutien psychosocial aide à préserver ou à améliorer l’intégration sociale du patient, notamment en cas de désocialisation, et à accompagner le patient dans les démarches nécessaires à cet objectif. Ce soutien permet également d’identifier d’éventuelles problématiques psychologiques et les approches pour les résoudre.
La prise en charge psychologique
Une psychothérapie est souvent indispensable et peut se baser sur différentes approches, en fonction des spécificités du patient et de son addiction :
- thérapie psychodynamique ;
- thérapie multidimensionnelle familiale ;
- thérapie cognitive et comportementale (TCC) ;
- thérapie systémique ;
- thérapie comportementale etc.
Le succès du traitement dépend essentiellement de la motivation du patient à se sevrer, mais aussi de l’amélioration continue de ses conditions de vie et de son estime de soi :
- trouver un emploi ;
- participer à des activités ;
- développer des centres d’intérêt ;
- jouer un rôle actif dans la société.
Les groupes de parole tels que Alcooliques Anonymes, Alcool-Assistance, Croix Bleue, Addiction alcool Vie libre, Narcotiques Anonymes, etc., jouent un rôle crucial, offrant un soutien essentiel pendant et après le sevrage grâce aux expériences partagées par ceux qui ont traversé des situations similaires.
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