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Algoneurodystrophie dévoilée : Comprendre cette mystérieuse condition médicale!

Algoneurodystrophie : qu'est-ce que c'est ?

L’algoneurodystrophie, autrefois appelée algodystrophie, est de nos jours mieux connue sous le nom de syndrome douloureux régional complexe de type 1 (SDRC). Cette affection, à la fois douloureuse et handicapante, a tendance à se résorber d’elle-même, bien qu’elle puisse persister longtemps et de manière imprévisible.

Qu’est-ce que l’algodystrophie ?

Les origines de l’algodystrophie restent peu claires, mais il semble qu’il s’agisse d’une perturbation au sein du système nerveux et du système vasculaire.

Un événement traumatique est souvent identifié comme déclencheur, même s’il peut paraître mineur (entorse, tendinite, fracture, opération chirurgicale, notamment en orthopédie). Une immobilisation prolongée ou des microtraumatismes répétés peuvent également être suffisants pour déclencher la maladie.

Le délai entre le traumatisme initial et l’apparition de l’algodystrophie varie de quelques jours à plusieurs semaines.

Qui est affecté par cette condition ?

Le syndrome douloureux régional complexe de type 1 est relativement rare et peut affecter les individus de tout âge, y compris les enfants et les adolescents, bien que cela reste exceptionnel. Les femmes sont plus souvent touchées que les hommes, avec un ratio de trois pour un.

Il apparaît que l’algodystrophie (ou SDRC de type 1) se manifeste plus fréquemment chez les personnes sujettes à l’anxiété et au stress.

Définition : Quelle est la différence entre l’algodystrophie et l’algoneurodystrophie ?

L’algoneurodystrophie, anciennement connue sous le nom d’algodystrophie, est aujourd’hui reclassée comme le syndrome douloureux régional complexe de type 1. Ce trouble se caractérise par une douleur continue, une hypersensibilité à la douleur, un raidissement progressif, ainsi que divers troubles vasomoteurs (hypersudation, œdème, modifications de la coloration de la peau).

Photo d’un cas d’algoneurodystrophie

Ci-dessus, une image illustrant un cas d’algoneurodystrophie.

Les membres inférieurs, notamment le pied et la cheville, sont plus fréquemment atteints que les membres supérieurs. L’algodystrophie peut être très incapacitante, bien qu’elle tende à régresser d’elle-même en quelques semaines ou mois. Cependant, dans certains cas, elle peut persister pendant 12 à 24 mois, voire plus, mais elle se résorbe généralement sans laisser de séquelles.

Il est important de noter qu’il existe deux types de syndrome douloureux régional complexe (SDRC) :

  • Type 1 : celui-ci est caractérisé par l’absence de lésion nerveuse périphérique évidente (anciennement appelé algodystrophie) ;
  • Type 2 : ce type est associé à une lésion nerveuse périphérique évidente (anciennement appelé causalgie), dont les causes peuvent être neurologiques, cancérologiques, vasculaires, infectieuses, endocrinologiques, ou médicamenteuses.

Comment diagnostiquer l’algoneurodystrophie ?

Le diagnostic du syndrome douloureux régional complexe de type 1 repose sur l’analyse des symptômes et les signes cliniques observés lors de l’examen du patient.

Des critères diagnostiques internationaux sont appliqués, incluant ceux de l’IASP (International Association for the Study of Pain) et les critères de Budapest. Pour confirmer le diagnostic, il est essentiel d’avoir exclu d’autres causes potentielles. Des examens complémentaires tels que la radiographie, l’IRM, ou la scintigraphie osseuse peuvent être réalisés non seulement pour éliminer d’autres pathologies mais aussi pour identifier des signes spécifiques du SDRC de type 1.

Aucun marqueur biologique spécifique n’est associé à cette pathologie.

Quels sont les signes d’une algoneurodystrophie ?

La douleur, symptôme principal

L’algoneurodystrophie se manifeste principalement par :

  • Une douleur constante accompagnée d’hyperalgésie (sensibilité accrue à la douleur) ou d’allodynie (douleur provoquée par un stimulus normalement indolore) ;
  • Un raidissement progressif limitant les mouvements ;
  • Des troubles vasomoteurs, trophiques (affectant la nutrition des tissus), vasculaires, sensitifs ou de la transpiration (hypersudation, œdème, modifications de la coloration de la peau).

Trois phases sont généralement décrites : une phase dite chaude, une phase dite froide, et une phase de guérison, qui se succèdent habituellement.

Une phase inflammatoire chaude

Cette première phase dite chaude évolue progressivement sur quelques semaines à quelques mois après l’événement déclencheur. Elle est caractérisée par des douleurs articulaires et périarticulaires, des gonflements, des raideurs, une chaleur locale, et une hypersudation.

Une phase froide

La phase froide se caractérise typiquement par un membre froid, une peau lisse et pâle, parfois cendrée ou violacée, très sèche, avec des rétractions des capsules et des ligaments, et un raidissement articulaire.

Des alternances possibles

Cependant, l’algoneurodystrophie peut aussi débuter directement par une phase froide ou alterner entre des phases froides et chaudes.

Ces manifestations ne sont pas constantes et peuvent varier dans le temps.

Peut-on guérir de l’algodystrophie ?

Le traitement vise principalement à soulager la douleur et à préserver la mobilité articulaire. Il comprend du repos, de la kinésithérapie non douloureuse, et des médicaments antalgiques. Le repos partiel est recommandé uniquement durant la phase chaude du SDRC de type 1 ; le repos total est à éviter car il peut aggraver l’algodystrophie. L’immobilisation d’un membre suite à un traumatisme ou pour gérer une douleur doit être minimisée pour éviter de prolonger ou d’aggraver le SDRC.

La kinésithérapie

Pendant la phase chaude, le traitement combine un repos relatif (mais pas complet) et de la kinésithérapie, sauf si celle-ci provoque de la douleur (physiothérapie à but antalgique, balnéothérapie, drainage circulatoire).

Pendant la phase froide, la kinésithérapie vise à limiter les rétractions capsulaires et ligamentaires et à combattre le raidissement articulaire. Elle doit être douce et indolore.

L’ergothérapie est souvent nécessaire.

Des orthèses dynamiques, ajustées pour ne pas être douloureuses, sont fréquemment recommandées pour éviter la raideur des petites articulations.

Les médicaments antalgiques

Divers traitements médicamenteux peuvent être combinés : des antalgiques de classes I et II, des anti-inflammatoires, des blocs régionaux d’anesthésiques, la neurostimulation électrique transcutanée (TENS).

En cas de douleurs neuropathiques (troubles de la sensibilité), certains médicaments comme les antidépresseurs ou la gabapentine peuvent être prescrits.

Des biphosphonates peuvent être administrés par voie intraveineuse dans les cas sévères d’algodystrophie.

Des orthèses et des cannes peuvent aussi être utilisées à des fins antalgiques.

L’accompagnement psychologique

Face à la difficulté de vivre avec une algodystrophie, un soutien psychologique est souvent nécessaire (psychologue, psychiatre, médicaments anxiolytiques ou antidépresseurs).

Certaines thérapies complémentaires comme la méditation ou l’hypnose peuvent s’avérer très bénéfiques.

Algodystrophie du pied : peut-on marcher et conduire ?

Il est conseillé de rester au repos durant la phase chaude, mais l’immobilisation stricte doit être évitée. Il est important de continuer à bouger malgré la douleur.

Lorsque l’algodystrophie affecte le membre inférieur, il est recommandé de ne pas mettre de poids sur le pied et donc d’éviter la marche tant que persistent les douleurs.

Porter des bas de contention peut aider à réduire l’œdème.

Pendant la phase froide, les bains écossais (alternance de bains d’eau froide et chaude pendant environ 5 minutes chacun, répétés trois fois) peuvent procurer un soulagement.

Peut-on travailler avec une algodystrophie de la main ?

Cela dépend de la nature du travail. Si le travail nécessite l’utilisation de la main affectée, cela pourrait être problématique.

Il est tout à fait possible d’utiliser l’autre main qui n’est pas atteinte sans problème.

Il est généralement conseillé de ne pas utiliser la main atteinte par l’algodystrophie, surtout pendant la phase chaude. Toutefois, cela dépendra du stade du SDRC et des recommandations de votre médecin ou rééducateur.

L’algoneurodystrophie est-elle un handicap ?

Conformément à la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui qualifie de handicapé toute personne dont l’intégrité physique ou mentale est réduite de manière temporaire ou permanente, l’algodystrophie, selon sa sévérité, peut être considérée comme un handicap.

Algoneurodystrophie : Quelles préventions possibles ?

Il est possible de prévenir l’algoneurodystrophie ou le syndrome douloureux régional complexe après une opération chirurgicale orthopédique ou un traumatisme en améliorant la gestion de la douleur, en limitant l’immobilisation et en mettant en place des rééducations individuelles et progressives.

Des études ont montré que la vitamine C pourrait réduire le risque d’algodystrophie après une fracture du poignet, à raison de 500 mg par jour pendant 50 jours.

L’avis du Docteur Pombourcq

Le SDRC de type 1, souvent désigné sous le terme d’algoneurodystrophie, est une affection douloureuse qui peut être très handicapante et dont les implications psychologiques doivent être prises en compte.

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