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Alvéolite: Découvrez les risques et traitements de cette infection dentaire!

Alvéolite

L’alvéolite dentaire représente la complication la plus souvent rencontrée suite à l’extraction d’une dent. On distingue trois variantes de cette affection : l’alvéolite sèche, l’alvéolite purulente, qui renferme du pus, et l’alvéolite ostéitique parcellaire, qui affecte l’os et se manifeste généralement trois semaines après l’extraction. Leurs origines sont encore floues, mais elles sont associées à une cicatrisation déficiente, en lien avec une formation inadéquate du caillot sanguin après l’extraction de la dent. Il existe des traitements ; l’alvéolite sèche, la plus courante, se résorbe souvent d’elle-même en environ dix jours. Les analgésiques sont utilisés pour atténuer la douleur, qui peut être très vive, tandis que les antibiotiques sont prescrits dans certains cas.

Cette complication post-extractionnelle est due à une inflammation des parois de l’alvéole. L’alvéolite est particulièrement fréquente après l’extraction des dents de sagesse, surtout celles situées dans la mandibule, la partie inférieure de la mâchoire.

Origines de l’alvéolite

Il y a trois types d’alvéolites : sèche, purulente, et ostéitique parcellaire (liée à une infection osseuse). Leur cause exacte reste un mystère, les études étant rares.

Cependant, l’alvéolite est fréquemment expliquée par une mauvaise formation du caillot sanguin nécessaire à la cicatrisation après l’extraction dentaire.

L’alvéolite sèche, ou dry socket, représente la forme la plus commune des alvéolites, et par conséquent des complications post-extractionnelles. Trois théories tentent de clarifier ses causes :

  • Elle pourrait résulter de l’absence de formation d’un caillot sanguin, en raison d’un apport sanguin insuffisant autour de l’alvéole, particulièrement au niveau de la mandibule.
  • Elle pourrait également être due à une malformation du caillot sanguin causée par le traumatisme de l’extraction.
  • Enfin, elle pourrait être provoquée par la dégradation du caillot sanguin. Cette théorie est la plus acceptée. Cette dégradation, ou fibrinolyse, est induite par des enzymes présentes dans la cavité buccale, et peut être accentuée par l’activité osseuse liée à l’extraction, ainsi que par certains micro-organismes buccaux comme Treponema denticola. De plus, certains médicaments comme les anti-inflammatoires, les contraceptifs oraux, ou encore le tabac, peuvent activer cette fibrinolyse.

L’alvéolite purulente est provoquée par une surinfection de l’alvéole ou du caillot formé après l’extraction. Elle est encouragée par :

  • un manque d’asepsie ;
  • la présence de corps étrangers tels que des débris osseux ou dentaires, ou du tartre ;
  • des infections préexistantes ou survenant post-extraction ;
  • une infection provenant des dents adjacentes ;
  • une hygiène bucco-dentaire insuffisante.

Enfin, l’alvéolite ostéitique parcellaire, ou cellulite du 21e jour, est causée par une infection du nouveau tissu de granulation formé pour la cicatrisation, survenant environ trois semaines après l’extraction. Elle peut être induite par :

  • la présence de corps étrangers, comme des débris alimentaires.
  • une utilisation inappropriée d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) après l’intervention chirurgicale.

Diagnostic

Le diagnostic de l’alvéolite dentaire est généralement posé par le dentiste, qui constate l’absence de caillot sanguin dans l’alvéole où la dent a été extraite.

  • L’alvéolite sèche apparaît quelques heures, ou jusqu’à cinq jours après l’extraction d’une dent. Des signes précoces peuvent aider à son diagnostic, comme une fatigue et des douleurs.
  • L’alvéolite purulente se manifeste en moyenne cinq jours après l’extraction, et peut être diagnostiquée si des douleurs, moins intenses que celles de l’alvéolite sèche, sont accompagnées de fièvre entre 38 et 38,5 °C.
  • Le diagnostic de l’alvéolite ostéitique parcellaire est posé en cas de fièvre, également entre 38 et 38,5 °C, accompagnée de douleurs persistantes depuis une quinzaine de jours.

Population concernée

L’alvéolite est la complication la plus fréquente des extractions dentaires : elle affecte 1 à 3 % des patients ayant subi une extraction simple, et 5 à 35 % des patients suite à des extractions chirurgicales.

Le profil typique, le plus à risque de développer l’alvéolite sèche, la forme la plus courante, est souvent décrit comme une femme, âgée de 30 à 50 ans, stressée, prenant un contraceptif oral, et ayant une hygiène bucco-dentaire moyenne ou pauvre. Le risque augmente si la dent extraite est une molaire de la mâchoire inférieure, telle qu’une dent de sagesse.

Une mauvaise asepsie lors de l’opération est un facteur de risque significatif, tout comme une hygiène bucco-dentaire médiocre. De plus, les femmes sont particulièrement vulnérables, surtout lorsqu’elles prennent des contraceptifs oraux.

Symptômes de l’alvéolite

Symptômes principaux de l’alvéolite sèche

L’alvéolite sèche se manifeste quelques heures à cinq jours après l’extraction d’une dent. Son principal symptôme est une douleur de variable intensité. Parfois, il s’agit de petits épisodes douloureux discontinus qui se propagent vers l’oreille ou le visage. Mais le plus souvent, ces douleurs sont intenses et continues, et deviennent de moins en moins sensibles aux analgésiques de niveau 1, voire de niveau 2.

  • une légère fièvre, entre 37,2 et 37,8° C ;
  • une fatigue légère ;
  • des insomnies dues à la douleur intense ;
  • une mauvaise haleine ;
  • des parois de l’alvéole de couleur blanc grisâtre, très sensibles au toucher ;
  • une inflammation de la muqueuse autour de l’alvéole ;
  • une odeur fétide émanant de l’alvéole lors d’un écouvillonnage.

Généralement, l’examen radiographique ne révèle rien d’anormal.

Symptômes principaux de l’alvéolite purulente

L’alvéolite purulente se développe généralement cinq jours après l’extraction d’une dent. Les douleurs sont moins intenses que celles de l’alvéolite sèche ; elles sont sourdes et surviennent par pulsations.

  • une fièvre comprise entre 38 et 38,5 °C ;
  • une hypertrophie pathologique des ganglions lymphatiques ;
  • un gonflement du vestibule, avec ou sans fistule de la muqueuse autour de l’alvéole ;
  • l’alvéole est remplie par un caillot sanguin de couleur brunâtre ou noirâtre. L’alvéole peut saigner légèrement ou laisser s’échapper du pus fétide.
  • les parois de l’alvéole sont très sensibles ;
  • des débris osseux, dentaires ou tartreux sont souvent présents au fond de l’alvéole.
  • L’évolution ne se résout pas d’elle-même et peut entraîner des complications comme l’alvéolite ostéitique parcellaire.

Symptômes principaux de l’alvéolite ostéitique parcellaire

L’alvéolite ostéitique parcellaire se caractérise avant tout par des douleurs persistantes durant les quinze jours suivant l’extraction. Cette douleur est accompagnée :

  • d’une fièvre de 38 à 38,5 °C ;
  • parfois, d’une incapacité d’ouvrir la bouche ;
  • d’une asymétrie du visage, due à une cellulite autour de la mâchoire inférieure ;
  • d’un comblement du vestibule ;
  • la présence, ou non, d’une fistule cutanée.
  • La radiographie peut révéler un séquestre osseux ou ne montrer aucune anomalie.

L’évolution peut conduire à l’élimination du séquestre sans traitement, ou entraîner des complications infectieuses plus graves.

Traitements de l’alvéolite dentaire

Le traitement de l’alvéolite sèche est principalement axé sur la sédation de la douleur, à l’aide d’analgésiques. La guérison naturelle se produit généralement après une dizaine de jours, bien que ce délai puisse être réduit avec un traitement approprié.

Cette forme d’alvéolite est de loin la plus répandue et constitue une urgence en odontologie. Des protocoles ont été testés pour la traiter efficacement. Par exemple, deux essais ont été menés par l’équipe du centre de consultations et de traitements odonto-stomatologiques d’Abidjan, consistant à :

  • Appliquer des pansements contenant de la bacitracine-néomycine associée à l’eugénol à l’intérieur de l’alvéole.
  • Appliquer un pansement de ciprofloxacine (sous forme de gouttes auriculaires) sur l’alvéole douloureuse.

Le traitement vise avant tout la cicatrisation de l’alvéole.

En effet, les traitements de l’alvéolite sont principalement préventifs (visant à éliminer les causes potentielles) mais aussi curatifs :

  • Le traitement curatif des alvéolites purulentes et ostéitiques repose sur une antibiothérapie par voie générale, des analgésiques, et des soins locaux, comme le rinçage avec une solution saline ou antiseptique, et des pansements intra-alvéolaires.
  • Pour l’alvéolite purulente, si les soins locaux sont effectués très tôt et en l’absence de fièvre, la prescription d’antibiotiques n’est pas nécessaire.
  • Pour l’alvéolite sèche, plusieurs antibiotiques, utilisés seuls ou en association avec d’autres substances, sont disponibles. Les plus recommandés sont la tétracycline et la clindamycine. Cependant, l’Afssaps ne recommande pas l’utilisation d’antibiotiques dans la population générale ou chez les patients immunodéprimés pour le traitement de l’alvéolite sèche ; elle ne le recommande qu’en cas de haut risque d’endocardite infectieuse, et ce jusqu’à la cicatrisation muqueuse.

De plus, l’huile essentielle de clou de girofle diluée dans une huile végétale, telle que l’huile d’olive ou de coco, et appliquée sur l’alvéole, pourrait, selon certains patients, soulager la douleur, voire guérir l’alvéolite. Il est toutefois important de diluer correctement cette huile. Les phytothérapeutes estiment que cette huile essentielle est un antibiotique naturel. Elle ne doit cependant pas être utilisée chez les femmes enceintes et les enfants, ni remplacer les autres soins prescrits par le dentiste.

Prévenir l’alvéolite

Une bonne hygiène bucco-dentaire globale avant une intervention, ainsi que de bonnes pratiques d’asepsie pendant l’extraction, sont cruciales pour prévenir l’alvéolite.

Pour éviter cette affection douloureuse, il est essentiel de suivre scrupuleusement les conseils du dentiste après l’extraction, tels que :

  • garder une compresse sur l’alvéole et la changer régulièrement pendant 2 à 3 heures, ce qui favorisera la formation du caillot sanguin ;
  • éviter de se rincer excessivement la bouche ;
  • ne pas cracher ;
  • faire attention lors du brossage des dents, en évitant de frotter près de l’alvéole de la dent extraite ;
  • ne pas passer la langue là où la dent a été extraite ;
  • mastiquer loin de la zone où la dent a été retirée ;
  • enfin, il est recommandé de ne pas fumer pendant au moins trois jours après l’extraction.

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