“Bien que 86% des Françaises reconnaissent le rôle des sage-femmes dans la préparation à l’accouchement, moins de la moitié est au courant que ces professionnelles peuvent prescrire des contraceptifs ou installer des dispositifs comme les implants ou les stérilets”, nous informe une étude d’Organon (spécialisé en santé féminine) faite avec IPSOS. Le communiqué souligne aussi que “seules 14% des femmes se tournent vers une sage-femme pour des conseils sur la santé sexuelle, contre 57% qui consultent un gynécologue. Pourtant, 19% des femmes rencontrent des difficultés à obtenir un rendez-vous avec un gynécologue, alors que seulement 1% éprouvent le même problème avec une sage-femme.” Quelles sont donc les compétences d’une sage-femme ? Que change la réforme de cette profession et comment se passe une consultation ? SAmu de France vous informe avec l’aide de Laura-Charlotte Bruneau, sage-femme à Clamart.
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ToggleLa sage-femme, un pilier dans le soin des femmes
Le laboratoire Organon, qui se spécialise dans la santé féminine, mentionne dans son communiqué que “les sages-femmes jouent un rôle crucial dans le soutien à la santé sexuelle et reproductive des femmes. Voici quelques-unes de leurs attributions souvent méconnues :
- Rôle pendant la grossesse : surveillance et suivi médical de la grossesse, préparation et réalisation de l’accouchement, ainsi que les soins postnataux pour la mère et l’enfant ;
- En gynécologie et prévention : suivi gynécologique des femmes tout au long de leur vie, proposition et prescription de toutes les méthodes contraceptives, y compris d’urgence, ainsi que le dépistage et le traitement de certaines IST ;
- Dans le domaine de l’orthogénie : réalisation des IVG médicamenteuses et, depuis le 14 décembre 2023, par voie instrumentale en milieu hospitalier ;
- Concernant la vaccination : elles peuvent administrer des vaccinations à des femmes, des mineurs et des proches de femmes enceintes ou de jeunes enfants ;
- En matière de procréation médicalement assistée : les sages-femmes peuvent participer aux activités d’assistance médicale à la procréation.
Ces informations sont confirmées par Laura-Charlotte Bruneau, sage-femme libérale : “nous jouons un rôle de premier plan dans la santé génésique et la périnatalité des femmes, en effectuant également le suivi gynécologique. C’est dans ce domaine que notre rôle est souvent le plus méconnu” ajoute-t-elle.
De plus, la sage-femme est intégrée au programme d’accompagnement du retour à domicile (PRADO), instauré par l’Assurance Maladie. Ce programme permet un retour accompagné à la maison après un accouchement prématuré, pris en charge par une sage-femme choisie par la mère. Ce service est réservé aux couples mère-enfant présentant un faible risque médical, psychique et social, et intervient :
- Dans les 72 heures suivant un accouchement par voie basse ;
- Dans les 96 heures après une césarienne.
Cette évolution de responsabilités médicales montre combien les sages-femmes sont devenues indispensables pour la prise en charge des femmes en France.
Amélioration de la formation et valorisation des sage-femmes
Le 16 janvier dernier, une réforme sur la formation des sages-femmes a été définitivement adoptée par le Parlement. Bien que certaines de leurs demandes aient été prises en compte, la revalorisation salariale reste insuffisante. La réforme prévoit :
- L’intégration des écoles de sages-femmes aux universités, alignant ainsi leur formation sur celles des autres professions médicales ;
- L’ajout d’une sixième année d’études en maïeutique, ce qui, selon Laura-Charlotte Bruneau, pourrait décourager certains étudiants ;
- La possibilité pour les doctorants en maïeutique de combiner pratique clinique et activités d’enseignement et de recherche.
En outre, la loi du 2 mars 2022 sur le droit à l’avortement autorise désormais les sages-femmes à réaliser des IVG instrumentales en milieu hospitalier, suite à une expérimentation réussie dans 26 établissements. Cette mesure, officialisée le 14 décembre 2023, renforce également la reconnaissance de cette profession.
Déroulement d’une consultation avec une sage-femme
“La nature de la consultation varie selon le motif de visite de la patiente. Personnellement, je fais peu d’examens physiques, surtout avec les jeunes filles lors de leur première visite”, explique Laura-Charlotte Bruneau. Une consultation typique comprend plusieurs étapes :
- Interrogatoire : motif de la visite (suivi, contraception, frottis, etc.) ;
- Examen physique si jugé nécessaire (palpation mammaire, prise de tension, etc.) ;
- Discussion : échanges de questions et réponses ;
- Prescription d’examens complémentaires si nécessaire et/ou de contraceptifs.
“Nous disposons d’un arbre décisionnel basé sur les symptômes présentés et, en cas de résultats anormaux lors d’un frottis, nous orientons les patientes vers un gynécologue. Notre but n’est pas de remplacer le gynécologue mais de collaborer étroitement pour offrir un panel de soins adaptés à toutes les femmes”, conclut Laura-Charlotte Bruneau.
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Malik Leclercq est un rédacteur spécialisé en maladies infectieuses, avec une passion pour la sensibilisation et la prévention des risques.

